Une garde-robe d'accessoires ne tient pas parce que chaque pièce est belle. Elle tient parce que les matières se répondent : la ceinture parle au porte-documents, le portefeuille à la ceinture, le métal des boutons de manchette au métal du sac. Trois cuirs bien choisis suffisent à habiller chaque jour de l'année, à condition d'avoir été choisis pour être vus ensemble. Six cuirs achetés un à un, chacun élégant isolément, ne s'accorderont jamais tout à fait.
La maroquinerie Davidoff rend l'exercice plus simple qu'il pourrait l'être, parce que la maison de Bâle travaille dans une palette étroite et délibérée : cognac, noir et, dans la ligne Venice en particulier, un vert profond. Se limiter à ces trois teintes n'est pas une contrainte. C'est toute la méthode.
Pourquoi les palettes échouent
La plupart des garde-robes d'accessoires se constituent par accident. Un portefeuille est un cadeau ; une ceinture est achetée à la hâte pour aller avec une paire de chaussures précise ; un sac est choisi parce qu'il avait la bonne taille. Chaque décision est raisonnable, et le résultat est un tiroir de bruns moyens qui s'accordent presque, une ceinture noire à boucle laiton et un sac à quincaillerie argentée, et le sentiment général que rien ne va vraiment ensemble.
Le remède n'est pas d'acheter davantage. C'est de décider, une fois pour toutes, quelle logique gouverne la garde-robe, puis d'acheter à l'intérieur de cette logique. Cette décision se résume à une couleur de base et à un métal, dans cet ordre, et tout le reste en découle.
Choisir une base
Le noir et le cognac prétendent chacun être le fondement d'une garde-robe de cuir, et ils ne peuvent pas avoir raison tous les deux pour la même personne.
Le noir va avec tout et ne réchauffe rien. C'est le choix le plus sûr pour une tenue formelle, il disparaît contre un costume marine ou anthracite, et il n'a jamais besoin qu'on y réfléchisse. Sa faiblesse est de n'apporter rien : ceinture, portefeuille et sac noirs sur un costume gris, c'est correct et un peu plat. Le noir vieillit aussi en éraflures plutôt qu'en patine, si bien qu'il est à son meilleur neuf et demande plus d'entretien pour le rester.
Le cognac réchauffe tout et exige des bruns et des marines autour de lui. Face au marine, au gris moyen, à l'olive, au denim et à la plupart des tweeds, il flatte discrètement, et il s'améliore à l'usage : la couleur s'approfondit là où les mains le touchent et prend du satin sur les bords. Sa faiblesse est l'inverse de celle du noir. Le cognac est une présence, et face à un costume noir ou à une paire de chaussures noires, il ressemble à une erreur.
La décision porte donc sur la garde-robe que le cuir doit servir. Si la plupart de vos costumes et de vos chaussures sont noirs, le noir est la base et le cognac une chaleur occasionnelle. S'ils vont vers le marine, le gris et le brun, le cognac est la base et le noir est réservé aux soirées et aux occasions qui l'exigent. Décidez laquelle des deux logiques gouverne votre vestiaire, puis achetez en conséquence.
Accorder le métal
L'erreur la plus visible dans une garde-robe d'accessoires n'est pas une couleur de cuir mais un mélange de métaux. Une boucle de ceinture argentée sous une veste à boutons de manchette dorés, un sac aux garnitures en laiton porté à côté d'une montre sur bracelet acier : ce sont de petites choses, et elles se remarquent précisément parce qu'elles sont petites. Un désaccord de métaux se lit comme de la négligence, ce qu'un léger désaccord de bruns ne fait jamais.
Argenté avec argenté, doré avec doré. La règle est simple, et elle s'applique à toute surface dure que vous portez : boucle de ceinture, boutons de manchette, quincaillerie du sac, monture des lunettes, boîtier de la montre. Choisissez une famille et restez-y. Le palladium, l'acier et les métaux blancs forment une famille ; l'or jaune, le laiton et les tons rosés forment l'autre.
Cette décision doit précéder celle du cuir, non la suivre, parce qu'elle est la plus difficile à corriger. Une ceinture se remplace en un après-midi. Une montre, une paire de montures et une paire de boutons de manchette sont des engagements plus longs, et le plus raisonnable est de laisser celui de ces objets que vous possédez déjà et aimez décider du métal pour tout le reste.
Le vert comme troisième cuir
Une fois la base et le métal réglés, la troisième couleur est celle où la palette acquiert du caractère, et le vert est la réponse de la maison. Non un vert vif, qui serait une fantaisie, mais le vert profond et sourd que Davidoff décline dans la ligne Venice, une couleur plus proche du verre de bouteille ou d'un bois de pins à l'ombre que de tout ce qui figure sur un drapeau.
Traité comme un neutre, ce vert se glisse presque partout. Il se tient confortablement à côté du cognac, dont il partage la chaleur sans la lui disputer. Il se tient à côté du noir comme un répit, distinct de lui sans jamais le combattre. Il fonctionne avec le marine, le gris, le brun et le denim. Ce qu'il fait, dans une garde-robe par ailleurs bâtie sur deux couleurs, c'est rompre la monotonie sans rompre l'ensemble.
La condition est la profondeur. Un vert trop clair ou trop saturé cesse de se comporter comme un neutre et devient un accent, qu'il faut justifier à chaque port. Un vert profond n'a jamais à être justifié. C'est simplement la pièce que l'on remarque à la deuxième rencontre plutôt qu'à la première, ce qui est le registre dans lequel la maison travaille partout.
Constituer l'ensemble
La base, le métal et la troisième couleur décidés, l'achat lui-même est bref. Un ordre pratique, pour une garde-robe qui part de rien ou d'un tiroir d'à-peu-près, se présente ainsi.
- La ceinture dans la couleur de base, avec une boucle dans le métal choisi. Portée chaque jour et vue contre les chaussures, elle ancre tout le reste.
- Le portefeuille dans la couleur de base. Il sort de la poche en compagnie plus souvent que toute autre pièce et doit s'accorder exactement à la ceinture.
- Le sac dans la couleur de base ou, si le vestiaire penche vers le chaud, en cognac avec une quincaillerie dans le métal choisi.
- La seconde ceinture dans l'autre couleur, noir ou cognac, pour les jours où les chaussures l'exigent.
- La pièce verte, une pochette, un porte-cartes ou un second sac, ajoutée en dernier, une fois le reste en place et lorsque l'on voit où un peu de respiration est bienvenu.
Cinq achats, trois couleurs, un métal, et le tiroir d'à-peu-près peut être donné.
Porter la palette
Au quotidien, la palette repose sur deux habitudes. La première est de laisser les chaussures mener : des chaussures noires appellent la ceinture noire et, idéalement, le portefeuille et le sac noirs ; des chaussures brunes appellent le cognac. La seconde est de vérifier le métal une fois, dans le miroir, avant de sortir. Boucle, boutons de manchette, montures et quincaillerie du sac doivent tous appartenir à la même famille. Si l'un d'eux n'en fait pas partie, c'est la pièce à changer.
La pièce verte n'a pas besoin d'une telle règle. C'est le seul objet qui peut accompagner l'une ou l'autre couleur de chaussures et l'une ou l'autre base, et c'est pourquoi il mérite sa place de troisième cuir plutôt qu'un quatrième brun.
Garder les trois au même pas
Des cuirs de couleurs différentes vieillissent à des rythmes différents et montrent l'usure différemment, et une palette ne reste une palette que si ses pièces sont entretenues de la même manière. Le cognac demande une crème légère deux ou trois fois par an et foncera uniformément s'il la reçoit. Le noir demande la même attention mais montre les éraflures plus tôt, il gagne donc à un coup de brosse douce après la pluie. Le vert se situe entre les deux. Tous trois doivent sécher à température ambiante s'ils sont trempés, loin des radiateurs, et aucun ne doit être rangé en pleine lumière, qui décolore le cognac et le vert plus vite que le noir.
Entretenus ensemble, les trois cuirs vieillissent en un ensemble qui paraît plus délibéré chaque année. Achetés ensemble dès le départ, le métal décidé en premier, ils paraissent délibérés dès le premier matin.

