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Guides d'achat

Essentials ou City Runner : le quotidien, résolu

Résumé · 1 min de lecture · Le Journal Davidoff
Davidoff City Runner collection

Les deux lignes répondent à la même question — que porter un jour ordinaire — avec deux tempéraments opposés.

Essentials : l'épure

Essentials retire plutôt qu'il n'ajoute. Peu de poches, peu de fermetures, une silhouette qui reste nette même remplie. C'est la ligne à choisir si vous transportez peu et si vous préférez que le sac ne dise rien.

Plus léger et épuré, ou structuré et prêt à tout.

City Runner : le mouvement

City Runner assume l'inverse : compartiments séparés, accès rapides, une construction pensée pour être ouverte debout, dans un couloir ou sur un quai. Plus de structure, plus de rangements, une ligne qui suppose que la journée bouge.

Le test

Comptez combien de fois vous ouvrez votre sac entre le matin et le soir. Moins de trois fois : Essentials. Davantage : City Runner. C'est un critère plus fiable que le volume ou le prix.

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8 min de lecture · 1469 mots

Il existe une forme particulière d'indécision qui s'installe lorsque deux belles choses répondent au même besoin. Les lignes Essentials et City Runner de Davidoff en sont un bon exemple. Toutes deux sont fabriquées selon la même exigence, dans le même cuir pleine fleur, par la même maison de Bâle. Toutes deux sont destinées à la journée de travail ordinaire plutôt qu'à l'occasion formelle ou au long voyage. Et pourtant, elles reposent sur des hypothèses opposées quant à ce qu'est une journée ordinaire, ce qui signifie que la bonne ligne pour vous n'est pas tant une affaire de goût qu'une affaire d'honnêteté sur la façon dont vous vivez réellement entre huit heures du matin et sept heures du soir.

Ce guide expose à quoi sert chaque ligne, ce que chacune suppose de son propriétaire, et un test unique qui tranche la question plus sûrement que le volume ou le prix.

Deux réponses à une seule question

La question à laquelle répondent les deux lignes est la même : que porter un jour qui n'est ni spécial ni difficile, un simple mardi ? Les réponses divergent parce qu'il existe deux manières d'améliorer un objet fait pour porter. L'une consiste à retirer jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'inutile. L'autre consiste à organiser ce qui reste si complètement que retrouver quoi que ce soit prend une seconde. Essentials emprunte la première voie. City Runner, la seconde. Aucune n'est un compromis, et aucune n'est la pièce la plus sérieuse. Ce sont simplement deux tempéraments, et la plupart des gens penchent nettement vers l'un d'eux, qu'ils l'aient ou non formulé.

Essentials : la discipline du retrait

Essentials se construit par soustraction. Là où un autre dessin ajouterait une poche, Essentials demande si la poche est nécessaire, et conclut le plus souvent que non. Le résultat est une pièce avec peu de poches, peu de fermetures et très peu d'éléments extérieurs pour accrocher le regard ou la manche d'un manteau. Ce qu'elle offre en échange est une silhouette qui reste nette quel que soit son contenu. Un sac bien coupé, peu cloisonné, ne fait pas de bosses étranges lorsqu'il est plein, et ne s'effondre pas en plis lorsqu'il est presque vide. Il tient sa ligne.

L'attrait est en partie esthétique, mais surtout pratique. Moins de fermetures, c'est moins de choses à ouvrir et moins de choses qui peuvent lâcher. Moins de poches, c'est rien qui se perde dans celle dont on avait oublié l'existence. Un intérieur épuré, c'est apprendre en une semaine où chaque chose se trouve et ne plus jamais y penser. Et un sac qui ne dit rien de lui-même est un sac qui va partout, d'un rendez-vous client à une course du samedi, sans jamais paraître déplacé.

Cette ligne est le bon choix si trois choses sont vraies. Vous portez peu : un ordinateur ou un carnet, un portefeuille, un téléphone, peut-être une chemise cartonnée, et pas grand-chose d'autre. Vous préférez les objets qui ne s'annoncent pas. Et vous préférez un seul sac toujours juste à plusieurs sacs chacun juste pour une chose. Si cela vous décrit, Essentials s'imposera, en quelques jours, comme la réponse évidente.

City Runner : la discipline de l'organisation

City Runner part du postulat inverse : la journée bouge, et le sac a intérêt à suivre. Il suppose que son propriétaire devra y plonger la main debout, dans un couloir, sur un quai, à un comptoir, d'une seule main, sans le poser. Il est donc construit avec des compartiments séparés, pour qu'un chargeur n'ait pas à être extrait de sous un dossier ; avec des accès rapides, pour qu'un titre de transport ou un jeu de clés soit à portée sans tout ouvrir ; et avec davantage de structure dans l'ensemble, pour qu'il reste ouvert quand il faut et se referme proprement quand on a fini.

La conséquence est plus de rangement, un dessin plus visible et un sac qui est, sans s'en excuser, un équipement autant qu'une pièce de cuir. Ce n'est pas une critique. Une journée qui comprend deux bureaux, un train, une salle de sport et un dîner est une journée qui a besoin d'équipement, et un sac magnifiquement épuré passera cette journée à être fouillé sur le sol d'un wagon.

City Runner est le bon choix si vos journées sont faites de mouvement plutôt que de bureaux. Si vous avez souvent besoin de quelque chose dans votre sac en marchant. Si vous portez chaque jour les mêmes petits objets et voulez que chacun ait sa place. Et si vous constatez, avec un sac plus simple, que tout migre vers le fond et y reste. Pour ce propriétaire-là, la structure n'est pas de l'encombrement. C'est un soulagement.

Les erreurs que l'on commet

La plupart des gens qui se retrouvent avec la mauvaise ligne y arrivent par l'une de deux voies.

La première est d'acheter pour la journée exceptionnelle. Quelqu'un qui passe quatre jours par semaine à un bureau et un jour en déplacement choisit City Runner à cause du jour de déplacement, puis passe quatre jours par semaine à porter des compartiments qu'il n'ouvre jamais. L'inverse se produit aussi : quelqu'un dont la journée est mobile et fragmentée choisit Essentials pour son allure et passe chaque matin à souhaiter que les clés soient ailleurs.

La seconde est d'acheter au volume. Il est naturel de comparer deux sacs à ce qu'ils contiennent, et naturel d'en conclure que celui qui contient le plus est le pari le plus sûr. C'est aussi une erreur. Un sac habituellement à moitié vide s'affaisse, perd sa forme et vieillit mal ; un sac habituellement trop rempli tire sur chaque couture. Le volume vous dit combien un sac peut porter. Il ne vous dit rien sur la question de savoir si ce sac convient à votre manière de porter.

Le test

Voici une meilleure mesure, et elle ne coûte rien. Pendant une semaine de travail ordinaire, comptez combien de fois vous ouvrez votre sac entre le départ de la maison le matin et le retour le soir. Non pas combien de choses vous portez, ni combien il pèse, seulement combien de fois vous y plongez la main.

  • Si la réponse est moins de trois fois par jour, vous ouvrez votre sac pour en sortir quelque chose à destination et pour le ranger avant de partir. Vous portez un sac plutôt que vous ne l'utilisez, et Essentials est la ligne qu'il vous faut.
  • Si la réponse est plus de trois, votre sac fait partie de la façon dont vous traversez la journée. Vous y recourez en transit, aux comptoirs, entre deux rendez-vous. C'est pour cela que City Runner est construit.

Le seuil n'est pas arbitraire. En dessous, l'accès rapide et les compartiments séparés sont des fonctions que vous payez en structure et n'utilisez jamais. Au-dessus, un intérieur épuré est une source d'irritation quotidienne, mineure, qui ne disparaît jamais tout à fait. Le test fonctionne parce qu'il mesure le comportement plutôt que l'intention, et c'est avec le comportement qu'un sac doit vivre.

Quelques raffinements

Si votre compte se situe tout près de trois, ou s'il varie fortement selon les jours, deux ou trois questions supplémentaires aident.

Demandez-vous où vous ouvrez le sac. Si c'est presque toujours sur un bureau ou une table, la structure compte moins, et Essentials vous conviendra même à quatre ou cinq ouvertures par jour. Si c'est presque toujours à la main ou à l'épaule, City Runner mérite sa place même à deux.

Demandez-vous ce que vous cherchez. Si ce sont presque toujours le ou les deux mêmes objets, un ordinateur et un carnet, disons, Essentials suffira, parce que vous savez exactement où ils sont. Si c'est chaque fois une petite chose différente, un titre de transport, un câble, un stylo, une carte, alors la séparation fait un vrai travail, et City Runner est la réponse.

Demandez-vous, enfin, si cela vous gêne que le sac se remarque. Essentials est conçu pour ne pas l'être. City Runner est conçu pour fonctionner, et cela se voit. Aucune des deux préférences n'est mauvaise, mais vous devez savoir laquelle est la vôtre avant de choisir.

Bien choisir

Quelle que soit la ligne vers laquelle le test vous oriente, achetez la taille qui convient à une journée ordinaire plutôt qu'à une journée exceptionnelle, et si vous hésitez entre deux tailles, prenez la plus petite. Le cuir pleine fleur récompense l'usage ; un sac porté chaque jour et rempli comme il faut développera en un an la couleur et le satin qui le rendront reconnaissable comme le vôtre, et un sac trop grand pour la vie de son propriétaire passera cette année affaissé dans un placard. Si vous quittez la boutique avec la pièce que vous prendrez chaque matin sans y penser, vous avez bien choisi, et la ligne à laquelle elle appartient n'a plus aucune importance.

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